Article du Devoir du 23 juin 2021.

Les services publics texans ont mis en place ces dernières années des programmes incitatifs encourageant les gens à installer des thermostats connectés dans les différentes pièces de leur maison. Dans la foulée, ils inscrivent ces clients dans des programmes d’économie d’énergie qui leur permettent d’ajuster leur thermostat à distance durant les périodes de grande utilisation pour réduire la demande en électricité et ainsi protéger leur réseau de distribution.


[…] l’État a demandé aux Texans de hausser la température de leur thermostat à 26 degrés Celsius ou plus pour la durée d’une canicule dont la température moyenne s’est avérée supérieure à 32 degrés Celsius.

La société EnergyHub, qui gère en sous-main des programmes d’économie des fournisseurs électriques du Texas et qui contrôle à distance plus de deux millions de thermostats, a simplement suivi cette directive.

Un cas d’#ÉtatPlateforme, où les pouvoirs coroporatifs et gouvernementaux sont entremêlés, voire brouillés?


Chez nous, Hydro-Québec a récemment mis en place son propre programme d’économie d’énergie basé sur des thermostats connectés. La société d’État propose aux clients de sa filiale Hilo des «défis hivernaux» dans le cadre desquels elle prend pendant quelques heures le contrôle de la température.

Évidemment, les permissions sont légalement accordées, par les contrats, en plus ou moins petits caractères (ce n’est donc pas tant à l’insu des occupants de la maison), ce qui rend la situation d’autant plus étrange, voire éventuellement paternaliste: la prise de contrôle des objets connectés présents dans l’intimité des citoyen·ne·s est cédée «volontairement».