Article du Devoir, 23 août 2021.

Les géants américains de l’infonuagique consolident leur présence au Québec en mettant la main sur des contrats sans appel d’offres qui totalisent près de 8 millions de dollars avec des universités et des villes de la province, dont Montréal et Québec


Les contrats — généralement d’une durée de trois ans, selon les informations d’ITQ — permettraient non seulement aux entreprises de déployer les solutions infonuagiques, mais d’y intégrer leurs services. Et c’est là que le bât blesse, selon Éric Parent : une fois rattaché à leurs écosystèmes, il devient difficile de migrer vers un autre fournisseur.

Ce passage est capital: le choix d’hébergement (ordinateurs physiques) devient étroitement couplé aux logiciels (services) des hébergeurs, ce qui rend la migration éventuelle (changement de fournisseur) extrêmement difficile, voire impossible (en particulier si les données ne peuvent être exportées hors de l’environnement propriétaire).

Colonialisme américain dans l’espace numérique? (Les espaces municipaux, gouvernementaux, et universitaires.) Espace que nous habitons de plus en plus (et qui, faut-il le souligner, coûte extrêmement cher malgré son apparente «immatérialité», «virtualité»).

Peut-on encore prétendre à l’indépendance intellectuelle de l’université quand celle-ci est physiquement située dans l’arène des grandes corporations américaines?