Article paru dans Le Soleil le 4 septembre 2021.

Dans une rencontre à huis clos tenue en juin avec les recteurs de la province, François Legault a fait part de son désir d’arrimer davantage l’enseignement aux besoins du marché. L’une des solutions proposées serait de convaincre les jeunes de se tourner vers des programmes d’avenir, dont les finances, le génie et l’intelligence artificielle, en leur offrant des bourses.

Les détails de cette rencontre «à huis clos» seront-ils dilvulgués?

Rien d’alarmant encore pour l’instant, sinon un rappel des dangereux précédents dans d’autres pays qui ont, par souci de performance économique, de sabrer dans les programmes de sciences humaines et sociales.

Qui écrit ces livres que le premier ministre se targue de lire? Comment penser les problèmes extra-fonctionnels induits par les systèmes puissants et rigides comme les GAFAM, Uber, Netflix, etc. de ce monde, si tout le monde pense comme un·e ingénieur·e, c’est-à-dire en terme d’efficience pure et de maximisation du profit, d’amélioration constante du rendement au détriment de tout le reste (facteurs sociaux, culturels, moraux, voire légaux, environnementaux, etc.)? Est-ce le type de société dont on veut? Il y a moyen de mettre à profit les disciplines comme les sciences humaines dans les domaines plus «payants» – c’est le rôle essentiel (même si regardé par certains comme inutile oiu «impertinent») des humanités.

«Nous cherchons aussi à revoir la reddition de comptes, poursuit-il [le recteur de l’université de Sherbrooke, Pierre Cossette], non pas pour resserrer les contrôles, mais pour éliminer les choses impertinentes

… qui (et sur quelle base) décide de ce qui est «impertinent»?