Article de La Presse paru le 6 octobre 2021.

C’est probablement la mauvaise question, car de toute façon à peu près impossible tant l’entreprise américaine est gigantesque, ramifiée à l’international, et débordant largement la compétence des gouvernements (ceux-ci préfèrant généralement faire affaire avec les grands fournisseurs de services informatiques américains).

Propos rapportés de l’expert Pierre Trudel sur le caractère singulier du médium algorithmique au 21e siècle:

«[…] Il faut des encadrements réglementaires qui tiennent compte du fait que les processus d’affaires et les processus technologiques qui carburent aux données comme les algorithmes sont des objets complexes qui doivent faire l’objet d’encadrements conséquents.»

Il est plus que temps, voire «aussi urgent que la question climatique», de légiférer sur ces entreprises tentaculaires qui ont innové beaucoup plus rapidement que ne l’ont compris les législateurs. C’est une question de souveraineté, pour toutes les sociétés dans le monde.


Un exemple intéressant de montants concrets, grossièrement estimés, de l’industrie des données (sachant que les données n’ont de la valeur que lorsqu’elles sont combinées massivment, pas isolées):

Tout au long de la journée, nos visites de sites internet et de plateformes numériques génèrent des données, et de l’argent. Combien ? Nous avons fait l’exercice avec l’aide de Jean-François Renaud, président fondateur de la firme Adviso.

  • 2 consultations de Météomédia : 0,04 $
  • 5 visites d’un site de nouvelles d’un quotidien : 0,80 $
  • 5 visites sur Facebook et 5 visites sur Instagram : 0,72 $
  • 3 visites sur TikTok : 0,12 $
  • 2 visites du site transactionnel Amazon : 0,01 $
  • 2 visites sur YouTube : 0,01 $
  • 10 recherches Google (restaurant, orthographe d’un mot, date d’un évènement…) : 0,40 $

Total : 2,11 $